Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/126

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LITTÉRATURE ORALE

Jobourg, par exemple, pendant son séjour dans l'autre monde , avait été retenu dans une salle où une horloge à chaque battement répétait : tou- jours ! toujours ! On lui avait dit que l'enfer était pavé de nobles et de prêtres, mais, pour sa part, il n'avait rien vu.

Des amis se sont souvent fait la promesse que celui qui mourrait le premier viendrait donner à l'autre des nouvelles de ce qui arrive après la mort. On ne cite qu'un cas où cette promesse se soit accomplie, et encore bien imparfaitement.

Deux jeunes gens de Valognes, Bezuel et Des- fontaines, s'étaient fait mutuellement une promesse de ce genre, et l'avaient signée de leur sang. Desfontaines alla continuer ses études à Caen. Bezuel resta chez ses parents. Un jour de juin, comme il travaillait au foin, il eut une faiblesse, et en revenant à lui, il vit Desfontaines qui lui dit qu'il s'était noj-é en se baignant dans l'Orne. Il entra là-dessus dans de longs détails, mais il ne répondit à aucune des questions que lui fît son ami sur ce qui lui était arrivé depuis sa mort. Bezuel apprit plus tard que Desfontaines s'était effectivement noyé dans l'Orne , dans les circons- tances qu'il lui avait racontées.