Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/134

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LITTERATURE ORALE

clair. Une foule de petits oiseaux criaient après lui. C'était très drôle. On me dit que c'était un cahulnn que les petits oiseaux chassaient, parce qu'il man- geait leurs petits.

— Ma barbelotte est envolée ! cria la petite fille à la coccinelle.

Les petites filles, en levant les yeux pour suivre le vol du petit insecte, aperçurent toute une nuée de points noirs qui se mouvait dans les airs d'une façon capricieuse. On entendait en même temps un grand tintamarre de poêles, de chaudrons, firappés au hasard, et de cris d'hommes, de femmes et d'enfants.

C'était un essaim d'abeUles qui venait de s'en- voler d'une ruche trop remphe. On courait après avec une ruche toute neuve, parfiimée de miel. Mais il fallait décider les abeilles à s'en approcher. Le bruit et les cris avaient pour but de leur faire peur, et de les pousser à se réfugier au plus vite dans l'asile qu'on leur présentait.

— Chah ! chah I abeilles ! criait-on avec accom- pagnement de charivari.

L'essaim ne se fit pas trop longtemps prier ; il se précipita dans la ruche qu'on lui offrait, et on l'emporta.