Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/135

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


DE LA BASSE-NORMANDIE

— Ça lie se fait pas toujours si vite, dit une des fillettes. Il y a des abeilles qui aiment mieux se percher sur une branche d'arbre que d'aller dans la ruche qu'on leur présente. Chacune met ses pattes de devant sur le dos de celle qui est en avant, et cela forme une grosse grappe, dit Jeanne- Marie ; il ne faut pas les déranger : elles piquent impitoyablement .

— Lorsque le maître de la maison meurt, il faut leur faire porter le deuil en attachant des chiffons noirs autour de la ruche.

— Et si on ne leur en attache pas?

— Elles meurent ; et les autres abeilles ne veulent pas retourner dans le jardin oii leurs cama- rades sont mortes.

— Les animaux ont du sentiment, dit senten- cieusement une petite fille , par forme de conclu- sion.

— Je crois bien ! Quand on oublie l'oiseau Saint-Martin, cela porte malheur aussi.

— Qu'est-ce que c'est que ça, l'oiseau Saint- Martin? Un bel oiseau bleu qui va pêcher dans les ruisseaux ?

— Pas celui-là. Celui que tu dis ne mange que des poissons. Mais il y en a un autre qui vit de