Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/142

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I I 8 LITTÉRATURE ORALE

OÙ l'on avait trouvé l'homme assassiné. On l'at- tendit vainement chez lui toute la soirée. Comme on savait qu'il était allé la veille chez le curé de Beaumont, on alla demander à celui-ci s'il ne savait pas ce qu'était devenu son confrère. Il se souvint de la voix. On alla à la Fosse- Yvon. Le curé de Branville y était, couché sur la paille et comme endormi. On le releva, on le fit monter à cheval, mais pendant qu'on le relevait, on enten- dit une voix qui disait : Bien t'en prend de t'être signé avec la patène, sans cela tu ne te serais jamais relevé. Comment expUquez-vous ça?

— Je ne l'explique pas du tout. Je l'aurais peut- être expliqué si je m'étais trouvé là, mais je n'y étais pas. Et s'il y avait quelque chance d'être assassiné, franchement, j'aime autant ne m'y être pas trouvé.

— Vous ne croyez donc pas que le diable puisse être pour quelque chose là dedans ? Vous ne croyez pas aux enfants vendus au diable dès leur naissance et qui deviennent malgré eux mauvais sujets ? Comment expliquez-vous, par exemple, que Chouni Bavalon ait accouché d'un petit monstre tout noir qui, à peine né, se mit à courir