Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/145

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DE LA BASSE-NORMANDIE

— Je n'en ai jamais connu pour ma part.

— Eh bien I les oies de Pirou en sont là.

Du temps que les hommes du Nord venaient tout piller et ravager chez nous, ils voulurent prendre le château de Pirou. Ceux qui étaient dedans se défendirent d'abord, mais quand ils virent qu'il n'y avait plus d'espoir, ils n'hési- tèrent plus. Il y avait parmi eux une magicienne qui leur offrit de les changer en oies ; ils accep- tèrent, il leur poussa des ailes et les voilà partis, si bien que les Normands, quand ils entrèrent, trou- vèrent les oiseaux dénichés. Par malheur, la magi- cienne qui savait la formule pour les changer en oies ne savait pas celle qui pourrait en refaire des hommes. Oies elle les a faits, et ils sont restés oies , mais ils n'ont pas oubUé leur patrie et chaque année on les voit revenir. On les reçoit avec l'hospitalité qui est due à leur malheureuse situation. Elles pondent, elles couvent, elles s'en- volent sans que personne les dérange. Ce que je vous dis là n'est pas nouveau, c'est imprimé et imprimé dans un vieux livre (i ).

— Vous faites bien de me le dire, j'aurais été

(i) Mélanges d'histoire et de littérature, par Vigneul-Marville (Bonaventure d'Argonne), édit. de 1789, t. I, p. 112.