Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/157

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DE LA BASSE-NORMANDIE I33

accès de colère déraisonnable avait tait tuer leur unique enfant.

Lui-même regrettait profondément ce qu'il avait fait. Personne ne l'avait dénoncé à la justice, mais le remords le tourmentait. Il résolut de s'en ouvrir à un prêtre, et il alla se confesser.

Le confesseur lui déclara qu'il ne pouvait l'ab- soudre d'un si gros péché et l'engagea à s'adresser à l'évêque. Le père va trouver l'évêque ; mais celui-ci refuse également de l'absoudre et lui dit de s'adresser au pape.

Il se décide à aller à Rome ; il y arrive un jour de fête et demande à parler au pape. On lui ré- pond qu'on ne parle pas ainsi à Sa Sainteté. Il insiste. Le pape entend l'altercation et intervient. Il reconnaît très bien son père, mais il n'en té- moigne rien et lui dit de se confesser à un prêtre romain.

Le père se rend en effet au confessionnal. Il s'accuse de son crime, dont il a un profond re- pentir. Le confesseur lui dit que, pour première pénitence, il doit donner tout son bien à celui qu'il a engagé à commettre un meurtre sur la personne de son fils, et qu'il doit lui-même se retirer dans un cloître. Le père consent à tout.