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140 LITTÉRATURE ORALE

n'en ai jamais entendu parler. Mais prenez ces trois noix-là. Cela pourra vous servir, seulement ne les cassez qu'en cas de besoin.

La jeune femme remercia la vieille et continua son chemin. Mais il y avait bien longtemps qu'elle marchait. A un certain moment, elle se sentit lasse et s'assit sur le bord d'une haie. Une bonne femme qui passait par là, lui dit : Vous avez l'air bien fatiguée. Vous venez de loin, sans doute ?

— Oh oui ! de bien loin. Je voudrais aller au pays des Margriettes. Ne pourriez-vous pas m'in- diquer le chemin ?

— Non, lui répondit la vieille. Je ne sais pas ce que c'est que le pays ou vous voulez aller. Mais prenez toujours ces trois marrons. Cela pourra vous servir.

Ces trois vieilles étaient les fées protectrices de la jeune femme; seulement elle n'en savait rien. Elle remercia la vieille, et voulut reprendre son chemin à travers la forêt, mais elle était si fati- guée, si fatiguée, qu'elle ne savait plus mettre un pied l'un devant l'autre. Le soir, elle aperçoit une chaumière où il y avait du feu. Elle se dirige de ce côté. Une vieille femme était assise devant la porte.