Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/175

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DE LA BASSE-XORAL\XDIE 131

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LA FILLE SANS MAINS

(NE dame avait une fille si belle, que les passants, quand ils l'apercevaient, s'arrê- taient tout court pour la regarder. Mais la mère avait eUe-même des prétentions à la beauté et elle était jalouse de sa fiUe. Elle lui défendit de se montrer jamais en public; cepen- dant on l'apercevait quelquefois , on parlait tou- jours de sa beauté; elle résolut de la faire dispa- raître tout à fait. Elle fit venir deux individus auxquels elle croyait pouvoir se fier et elle leur dit :

— Je vous promets beaucoup d'argent et le secret, si vous faites ce que je vous dirai. L'argent, le voilà tout prêt. Il sera à vous quand vous aurez accompli mes ordres. Acceptez-vous?

La somme était considérable. Ceux à qui elle s'adressait étaient pauvres ; ils acceptèrent.

— Vous jurez de faire tout ce que je vous dirai ?

— Nous le jurons.