Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/202

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l'jb LITTÉRATURE ORALE

il veut que vous emportiez ce que vous avez de plus cher au monde, votre argent.

Le curé avait caché son argent dans l'église même, dans une cachette qu'il était seul à con- naître. Il va le chercher et le remet entre les mains de Jacques, transformé en ange.

— Ce n'est pas tout, lui dit l'ange. Il y a encore un sac que vous avez confié à votre custos, prenez-le aussi.

Le curé se fait apporter le sac.

— Maintenant, suivez-moi, reprit l'ange.

Il le fiit monter dans le clocher. En bas, l'esca- lier est assez commode, mais à mesure que l'on monte il devient plus étroit et même dangereux. Le prêtre hésite.

— Il faut bien souffrir pour aller en paradis, lui disait l'ange. On arrive à un endroit où nichaient des pigeons appartenant au curé. La servante était venue y ranger quelque chose.

— Tiens ! te voilà. Marotte ! lui dit lo prêtre. Où penses-tu être maintenant?

— Dans le colombier.

— Tu te trompes, Marotte ; nous sommes en paradis.

Marotte n'en veut rien croire. Le curé essaie