Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/206

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l82 LITTÉRATURE OR.\LE

— Rien. J'ai tâché de la réveiller, et elle ne bouge pas.

— Ce n'est pas comme cela qu'il fallait faire. Pour moi, j'ai une corne tout exprès pour ça. J"ai soufflé avec au cul de ma femme. EUe se porte à men,-eille, comme vous voyez, et elle est cor- rigée.

— Combien veux-tu me vendre ta corne ?

— Cent écus.

— Les voici; doime-la moi.

Le pauvre donne la corne. Le richard retourne chez lui et fait l'opération indiquée. La bonne femme continue à ne pas bouger.

Désappointé, il retourne chez le pauvre et le trouve frappant à coups de fouet sur une marmite, qui bout à gros bouillons.

— Qu'est-ce que tu fais là?

— Vous voyez, je fais bouillir ma marmite.

— A coups de fouet?

— Oui. Quand on est pau\Te, on économise autant qu'on peut.

— Et ta marmite bout comme ça sans feu, sans bois?

— Vous voyez.

— Et tu prends pour cela le premier fouet venu?