Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/205

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DE LA BASSE-NORMANDIE l8l

grâce. J'irai demain tuer ton père pour le punir de cette insolence.

Le lendemain il alla, en effet, chez le pauvre, décidé à le tuer. Mais le pauvre était rusé ; il avait tué son cochon, puis il avait barbouillé sa femme de sang et l'avait fait coucher dans son lit.

Le riche, en entrant chez le pau\Te, voit le sang répandu, le lit souillé de sang et la femme couchée dedans et immobile.

— Tiens ! lui dit-il, tu as tué ta femme?

— Oui ; elle était si méchante que j'ai voulu la punir. Je l'ai tuée pour trois jours; elle ressusci- tera le quatrième.

— Elle ressuscitera? Ah bien! je vais tuer la mienne pour trois jours aussi; ça lui apprendra à me faire enrager.

Il n'en fait ni une ni deux, U rentre chez lui et tue sa femme.

Trois jours après, il revient chez le pau\Te.

— Tu m'as dit que tu avais tué ta femme pour trois jours, et je vois qu'en effet elle est ressuscitée. J'ai tué la mienne pour trois jours aussi et elle ne ressuscite pas.

— C'est que vous ne vous y êtes pas bien pris. Qu'avez-vous fait pour la ressusciter?