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184 LITTÉRATURE ORALE

ses domestiques et leur donne ses instructions. Ils frappent de la main droite à tour de bras. La marmite ne bout pas davantage.

Le riche est furieux contre le pauvre, qui s'est moqué de lui et lui a extorqué son argent; il veut le tuer. Il ordonne à ses domestiques d'aller le chercher et de l'enfermer dans la bergerie pour le noyer le lendemain.

Les domestiques obéissent, et quand le berger revient le soir, il trouve le pauvre homme enfermé dans la bergerie.

— Tiens! qu'est-ce que tu fais là? lui dit le berger.

— Le riche m'a fait mettre ici. Il prétend que je dois être enfermé avec les moutons, parce que je ne sais pas mieux prier le bon Dieu que ces bêtes-là.

— Moi, je sais très bien prier; je prierai pour tous, pour mes bêtes et pour toi; va-t'en.

Le pauvre s'en alla, mais pas tout seul. Pen- dant que le berger priait, il détourna tous les moutons. Il y avait une foire le lendemain, il alla les vendre et les vendit fort cher : trois francs le poil ! Avec l'argent qu'il en retira, il fit bâtir un beau château. Un jour que le riche était allé