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194 LITTERATURE ORALE

s'arrange de manière à ce que le loup ait la patte prise dedans, et tourne bien v-ite, bien vite. Le loup crie, mais ne peut se dégager , et le remou- leur se sauve.

Un autre loup qui entre à son tour dans le pressoir trouve son camarade encore pincé.

— Qui est-ce qui t'a pris comme ça ?

— C'est le rémouleur. Il tournait sa machine ; ça m'amusait. Je lui ai dit : Il ne faut pas que tu aies tout le plaisir et moi rien. Il m'a donné l'é- moulette, mais en la faisant tourner, je me suis pris la patte dedans et il s'est sauvé. Si vous pouvez me défaire (i), et si nous pouvons le re- trouver, bien sûr nous le mangerons.

Son camarade le dégage et les voilà tous deux courant après le rémouleur.

Tout en courant ils rencontrent un lièvre, qui avait de petits boulets aux oreilles.

— Mon pauvre petit lièvre, qui est-ce qui t'a mis comme ça?

— Un rémouleur qui passait par ici. Un chien courait après moi. Il m'a dit que si j'avais de petits boulets aux oreilles, je courrais bien mieux, et il

(i) Me dégager.