Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/225

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LITTÉRATURE ORALE 201

Un curé prêchait la Passion, et faisait ressortir les souffrances de Jésus. Parmi ses auditeurs, il y avait un pailler (i) ou chaudronnier ambulant de Villedieu.

Le prédicateur. — Oui, mes chers frères, Jésus a été flagellé, battu par les Juifs.

Le pailler, avec l'accent, traînant et chantant de son pays. — Oh ! les gueux !

Le prédicateur. — Ils l'ont couronné d'épines et attaché à une croix.

Le pailler. — Oh! les scélérats!

Le prédicateur. — Tandis que d'un seul mot, il aurait pu les faire tomber morts à ses pieds.

Le pailler. — Alors, je ne le plains plus. Que ne se défendait-il !

Un autre prédicateur, mordu par une puce au moment le plus pathétique de son discours, saisit l'insecte entre ses doigts sans s'arrêter, le tue et le jette. Comme il craint de perdre l'effet du sermon

(l) R se prononce. Voir plus loin : Propos de pailîers.