Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/231

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DE LA BASSE-NORMANDIE 207

— Si je ne donnais paë que m' voudrais-tu?

— Que tu m' prêtisses t'n âne pouër aller ou petun.

— Je dors, je dors.

IV

PROPOS DE PAILLEES

Les paillers étaient des chaudronniers ambulants qui allaient autrefois exercer leur industrie par les villages. Ils recevaient l'hospitalité chez les habitants, qui se plaisaient à les faire causer en s'amusant de leur prononciation traînante et chantée. Ils venaient pour la plupart de Villedieu et des environs. Les ré- mouleurs, les colporteurs, venaient généralement du même pays. Quelques-uns d'entre eux exerçaient même les deux métiers. Les colporteurs échangeaient des épingles, des aiguilles, de la mercerie contre des chiffons.

Le dialogue suivant, qui circule depuis bien longtemps, met en scène un pailler qui interroge deux serviteurs au retour d'un voyage. Le comique résulte non seulement des gasconnades mises en avant, mais aussi de la prononciation chantée des inter- locuteurs. Il est impossible d'en dormer une idée à qui ne l'a pas entendue.

— Quelle nouvelle, camarade ?

— Nouvelle sans nouvelle, nouvelle assez.