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224 LITTÉRATURE ORALE

a disparu du calendrier de TÉglise depuis le Concordat, mais tous les peuples de l'Europe et d'ailleurs ne laissent pas de la célébrer.

Dans l'arrondissement de Cherbourg, c'est la fête de la jeu- nesse. L'instituteur réunit à l'école les petits garçons et leur donne un dîner, qui ne lui coûte rien parce que c'nacun d'eux a apporté son présent en nature. Après le dîner, qui a lieu à midi, les enfants vont rendre visite en chantant au curé, au maire et aux principaux habitants, qui les régalent de fraits et de laitage.

Il en est de même des petites filles. Dans mon enfance, les petits garçons étaient conduits par un rot portant un grand ruban en écharpe ; les petites filles étaient conduites par une reine. J'ignore quels noms on leur donne aujourd'hui. Euient roi ou reine les enfants qui avaient apporté le plus riche présent au maître ou à la maîtresse. Ces usages ont à peu près complète- ment disparu depuis qu'il n'y a plus « des maîtres et des maî- tresses d'école » , mais des instituteurs et des institutrices.

Dans les carrefours, sur les routes un peu larges, on suspend à des cordes attachées à deux maisons, ou à deux arbres, des couronnes de fleurs, avec un pigeon en papier au milieu; au- dessous on plante un jeune arbre ou un pieu, autour duquel on fait un feu, un feu d'herbes aromatiques surtout, où l'herbe Saint-Jean, l'armoise, occupe le premier rang. Puis on danse autour du feu, bien longtemps après qu'il est éteint, et géné- ralement fort avant dans la nuit.

C'est à ces danses de la Saint-Jean que se rapportent les Ronâa qu'on trouvera plus loin. Ces danses se renouvellent tous les soirs pendant huit jours. En dehors de cette époque, on ne danse guère que dans les lieux où les jeunes filles vont