Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/29

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DE LA BASSE-NORMANDIE

passer tout au plus deux hommes de front. Les flancs sont en partie couverts de limon vert, onc- tueux au toucher, en partie nus, et dans ce cas, parsemés de petits coquillages adhérents : bala- nites et patelles maigres. Un peu plus loin le passage s'élargit et se prolonge, mais on n'y peut pénétrer qu'en rampant, à cause des galets que la mer y a accumulés et ne cesse d'y accumuler, et désagréablement importuné par une multitude de lourds insectes aquatiques qui vous sautent au visage. Le trou de Sainte-Colombe n'est visible que lorsqu'on est tout près, il est inaccessible à haute mer. Voici maintenant la légende qui s'y rattache : A une époque très ancienne, très ancienne, il y avait à Gréville une jolie fille qui s'appelait Colombe. Quand on dansait sous la couronne autour du feu Saint-Jean, c'était à qui des garçons lui donnerait la main ; quand elle entrait dans l'église, on n'avait d'yeux que pour elle; quand elle allait traire dans les clos, le soir , c'était à qui lui offrirait de porter sa cruche rebondie, de cuivre luisant, remplie de lait. Mais elle n'acceptait de service de personne. D'un mouvement leste, elle chargeait elle-même sa lourde cruche sur son