Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/33

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DE LA BASSE-NORMANDIE

volonté. Un soir, la servante l'avoua plus tard , elle avait tenté de s'échapper par la porte ; tous deux l'en avaient empêchée, et, de désespoir, elle était allée s'enfermer dans la chambre qu'on lui avait donnée et avait poussé le verrou.

Colombe, décidée à s'échapper, et voyant qu'elle ne le pouvait faire par les fenêtres sans provoquer un scandale, qu'elle voulait éviter à tout prix, s'était mise à sonder les murs. Il y avait dans une des parois une sorte de porte dissimulée qui attira son attention; elle frappa, cela sonnait creux. Il y avait dans un coin une petite hachette qui avait servi à fendre des éclats de bois pour allumer du feu dans la cheminée ; eUe s'en saisit et travailla si bien qu'elle finit par ouvrir cette porte mysté- rieuse. Une bouffée d'air froid et humide lui prouva qu'il ne s'agissait pas d'une simple cachette, mais qu'il y avait là tout au moins une cave. Elle aperçut, en effet, un escalier dont les marches, chargées de poussière humide , n'avaient pas été foulées depuis longtemps : elle les descendit, une chandelle à la main. En bas de l'escalier, il y avait bien une cave en effet, une cave dont on ne se servait plus, mais, derrière une porte à demi-ruinée, on entendait comme des mugissements lointains.