Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/55

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DE LA BASSE-XOR.MANDIE

Luzerne demanda si elle était jolie. — Extrême- ment jolie, lui dit-on. — Vraiment? Eh bien! si je la rencontre ce soir, je lui demanderai à l'em- brasser.

Là-dessus, il va conduire ses chevaux comme à l'ordinaire. Quand il vint à ou\Tir la barrière, il se trouva face à face avec la Demoiselle. Non seulement il ne lui demanda pas à l'embrasser, mais il laissa ses chevaux errer comme ils voudraient et revint en courant à la maison, où il tomba sans connaissance. »

Quand les demoiselles ont des proportions gi- gantesques on les appelle Milloraims. On ne dit pas que les Milloraines aient jamais vécu sous une autre forme. On en voit souvent plusieurs en- semble, et quand on s'en approche, eUes s'éva- nouissent quelquefois dans les arbres avec un bruit d'ouragan. D'autres fois, elles se tiennent sur les branches comme certaines roussalki russes et s'élancent sur les passants, qui sentent un poids intolérable sur leurs épaules, mais ne voient plus rien.

Quelquefois aussi la demoiselle, au lieu de monter en croupe derrière le voyageur et de cher- cher à l'entraîner à l'eau avec elle, se présente à