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VI
PRÉFACE

cette danse s’accompagne sont assez nombreux. Le début de ces chansons est généralement heureux, mais elles ne se soutiennent pas.

Celles des Chansons en patois qui sont spirituelles ou bien développées, ont été d’abord composées en français. Les chansons qui ont été composées directement en patois sont presque toutes fades, étant l’œuvre de quelques beaux esprits des villes qui se sont imaginé que pour être plaisants il leur suffirait d’employer quelques expressions populaires nouvelles pour eux.

En fait de Devinettes, Comparaisons, Locutions proverbiales, je me suis montré assez sobre. Ce n’est pas que cette partie de notre littérature orale ne me semble fort curieuse. Au contraire, elle présente un caractère tout particulier de finesse et de préciosité qui mérite d’être étudié avec détail. Le paysan haguais tire généralement ses comparaisons de loin, il contourne sa pensée, il l’orne de calembours, il l’enveloppe de sous-entendus, de tournures compliquées à faire honte aux Précieuses du XVIIe siècle. J’ai déjà parlé de cette préciosité du langage de nos paysans[1], mais je me propose d’y revenir avec des développements qui n’auraient pu trouver place ici.

  1. Marivaux et le Marivaudage. Paris, Plon, 1881, in-8o.