Page:Fonson, Wicheler - Le Mariage de mademoiselle Beulemans, 1910.djvu/52

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n’est-ce pas, et ça me fait si mal… Je suis tout le temps à éviter les sujets de brisbouille entre eux. Je chante pour les garder de bonne humeur… je ne discute jamais… je suis douce avec eux et avec tout le monde, pour qu’eux aussi deviennent doux. — Vous savez, ça arrive quelquefois, quand quelqu’un parle à voix basse, personne n’ose crier. C’est la même chose. — Je cherche par tous les moyens d’éloigner les contrariétés de père et de mère… Un jour ils étaient d’accord…


ALBERT

Ah ? Encore ?


SUZANNE

Oui. Ils m’ont dit : « Suzanne, M. Séraphin Meulemeester a demandé votre main, nous croyons que c’est un bon parti ». Et j’ai répondu : moi aussi. Et pourtant je n’aime pas M. Meulemeester. Un autre jour qu’ils étaient d’accord, ils ont mis un canari dans la salle à manger… Ils disaient : « C’est plus gai ! ». J’ai répondu : Oui, c’est plus gai ! Mais ce n’était pas plus gai, Monsieur Albert, parce que je pensais que je suis comme ce petit oiseau, tout seul dans sa cage, avec le monde autour de lui, et qui chante de toutes ses forces toute la journée et on ne l’écoute plus… Il chante et ça ne sert à rien.


ALBERT

Pauvre petite !…


SUZANNE

Depuis votre arrivée, j’étais un peu consolée. L’oiseau avait un camarade qui, je l’espérais, aurait chanté avec lui quand il aurait compris qu’il ferait une bonne action en mettant de la joie dans la maison.