Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/109

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Camille et Georget s’empressèrent de l’y suivre et là on tint conseil encore une fois, en dépit des sauts furibonds de Vigoureux qui brisaient les poignets du pauvre mari d’Amanda.

Il fallait, avant tout, s’orienter, et ce n’était pas très facile par une nuit sans lune.

À droite, de l’autre côté de la route, la butte Montmartre se dessinait comme une énorme bosse sur l’horizon embrumé. En arrière, des points lumineux piquaient les ténèbres, les uns immobiles et assez rapprochés, les autres s’agitant dans le lointain, comme des feux follets.

— Ici, les lanternes de la cité Foucault et là-bas les falots des chiffonniers qui commencent leur tournée, murmura Courapied.

— Mais… devant nous ? demanda mademoiselle Monistrol.

— Devant nous, c’est la plaine Saint-Denis et à moins que Zig-Zag ne soit gîté dans un puits de carrière, je ne comprends pas où ce chien veut nous mener.

— Père, dit Georget, il me semble que je vois une maison… à deux cents pas d’ici… un peu sur la gauche.

— Tu as de bons yeux, toi… Je ne vois rien.

— Moi, j’aperçois quelque chose, dit Camille ; mais je ne distingue pas très bien si c’est une maison ou un tertre. Dans tous les cas, c’est là que le chien veut aller. Laissez-le faire.

— Je ne demande pas mieux, car je n’en peux plus. La corde me coupe les doigts. Mais, si nous le suivons, Dieu sait où il va nous mener. Encore, si on était sûr que c’est à une maison ! Mais ces terrains-là sont pleins de trous…

— Il a trop d’instinct pour y tomber, et il nous servira