Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/112

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aussi d’aboyer, et, la courroie s’étant un peu relâchée, il réussissait à pousser des grognements qu’on aurait pu entendre d’assez loin. Mais où se tenait l’odieux clown au pouce crochu ? Derrière le mur, ou dans quelque cave creusée sous les ruines ? Et comment l’aborder ?

Au milieu de la façade, on voyait une ouverture béante ; l’entrée d’un corridor sombre dont la porte avait disparu. Mais ce chemin n’était pas engageant.

— Faisons le tour, mademoiselle, dit tout bas Courapied. Nous trouverons peut-être mieux.

— Père, il y a de la lumière, souffla Georget en montrant une des fenêtres du rez-de-chaussée.

Camille regarda et vit qu’un mince filet de clarté filtrait entre les volets mal joints. Il y avait donc là une chambre habitable et Zig-Zag s’y était installé. Elle le tenait enfin et rien ne l’empêchait de le forcer à se montrer. Elle verrait son visage, ses mains, s’il se présentait à la fenêtre tenant le flambeau qui l’éclairait et après… après, elle monterait à l’assaut de son repaire et, le pistolet au poing, elle le forcerait à se laisser lier par Courapied.

C’était absurde, c’était extravagant, mais Camille ne raisonnait plus. Le sang lui montait à la tête. Elle voyait rouge.

Sans hésiter, sans avertir Courapied, elle tira son revolver de sa poche, l’arma, se baissa, ramassa une poignée de cailloux et la lança dans les volets.

La lumière s’éteignit aussitôt et Camille comprit enfin que l’idée qui l’avait poussée à s’annoncer ainsi n’avait pas l’ombre du sens commun, car en admettant que Zig-Zag vînt à la fenêtre au lieu de s’enfuir, elle n’apercevrait pas ses mains dans l’obscurité.

— Sauvons-nous, mademoiselle, lui dit Courapied. Ils