Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/114

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que je vais encore courir les foires avec toi. Merci, mon bonhomme ! J’en ai assez de ta société et du métier. Tu repasseras une autre fois.

— Oui, compte là-dessus. Je te tiens. Je ne te lâcherai pas.

— Viens donc me prendre. Entre, mon vieux ! La porte est ouverte.

— Oui, et ton amant m’attend dans le corridor pour me tomber dessus par derrière.

— Tiens ! tu as trouvé ça tout seul ? Eh bien, tu te mets le doigt dans l’œil. Je suis seule et il faut que tu sois bien lâche pour ne pas oser avancer. Je ne suis qu’une femme, mais je ne canerais pas comme ça.

— Tu mens !… Zig-Zag est avec toi.

— Zig-Zag ! ah ! ben, tu retardes. Il a filé en même temps que moi, parce que le patron ne nous payait pas notre dû… Mais il n’a pas traîné à Paris. Il a trouvé un engagement à Londres et il est loin, à cette heure, s’il court toujours depuis qu’il est parti.

— C’est pas vrai… et si c’était vrai, on le repincerait. Il serait guillotiné, le scélérat.

— À cause de l’histoire du boulevard Voltaire ? Ah ! bien, il s’en fiche un peu, de cette affaire-là. Le juge l’a lâché ; c’est qu’il n’y avait rien contre lui. Mais tu es donc de la police, maintenant ? Combien te paye-t-on pour filer ton ancien camarade ? Vilain métier que tu fais là. Encore si tu étais malin, tu pourrais y gagner ta vie, mais tu es trop bête… tu ne trouveras jamais rien, et le roussin en chef te mettra à pied un de ces quatre matins.

Est-ce que tu en as amené avec toi, des roussins ?

— Non… mais je vais en chercher. Il y a un poste pas loin d’ici.