Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/115

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— Oui, va, mon garçon. Je les attends. Vous êtes trois. Les deux autres monteront la garde ici, pendant que tu feras ta course. Qui c’est-il, ces deux-là ? Il y en a un petit et un grand. Parions que le petit, c’est ce crapaud de Georget.

L’enfant avait bonne envie de répondre : oui, mais son père lui mit la main sur la bouche.

Camille écoutait en frémissant d’impatience cet étrange dialogue et trouvait qu’il était temps de passer des paroles aux actes. Elle ne doutait plus que Zig-Zag fût là, dans le fond de cette pièce, dont Amanda occupait l’unique fenêtre, et elle cherchait un moyen de le forcer à se montrer.

Il ne s’agissait plus maintenant de voir ses mains et son visage. Il s’agissait de le prendre, et, pour l’empêcher de fuir, elle n’aurait pas hésité à l’arrêter en le blessant d’une balle de revolver.

Mais le clown se gardait bien de paraître.

— Oui, reprit Amanda, j’en suis sûre, maintenant, c’est ce vilain moucheron de Georget. Il se mêle aussi de me faire des misères… C’est bon, je lui revaudrai ça, Mais où as-tu péché l’autre ?… La blouse blanche, … est-ce que tu l’as embauché dans la troupe pour remplacer Zig-Zag ?

Tout en interpellant ainsi ses adversaires, la coquine se retirait tout doucement de la fenêtre et Courapied pensa qu’elle s’apprêtait à se sauver par l’autre façade de la maison. Il se trompait. Après avoir disparu un instant, Amanda revint et lança un objet qui décrivit une courbe lumineuse comme une étoile filante et qui, en tombant aux pieds de Camille, s’enflamma tout à coup et se mit à répandre une lumière aveuglante.

C’était un de ces feux de Bengale que les baigneurs des