Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/147

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chansons dans les rues et il les renvoya assez brutalement.

Au septième verre, il s’endormit et, quand il se réveilla, la salle était presque vide.

Il se décida alors à aller se coucher ; il paya les deux soupers, rentra chez lui en voiture et reprit dans son lit le somme commencé sur la banquette du restaurant.

Il n’ouvrit les yeux qu’à midi passé et il eut quelque peine à se rappeler les petits incidents de la nuit.

Le plus désagréable était assurément la perte de deux cent soixante louis, mais il avait beaucoup gagné depuis quelque temps, et il se consola vite d’un écart qu’il comptait bien réparer à la prochaine séance.

Le souvenir d’Olga s’était un peu effacé de son esprit, mais l’image de la belle rousse du café-concert s’y était incrustée, et la première idée qui lui vint, ce fut d’aller lui faire la visite qu’il lui avait annoncée la veille.

Il déjeuna, se mit sur le pied de guerre, c’est-à-dire qu’il s’habilla avec un soin tout particulier, et, entre deux heures et trois heures, il se présenta au bureau du Grand-Hôtel pour demander la comtesse de Lugos.

L’employé aux renseignements ne trouva pas tout d’abord le nom sur ses registres, mais, après avoir cherché, il répondit que cette dame était arrivée le matin, qu’elle habitait au troisième, et qu’elle était chez elle.

Fresnay prit le numéro de l’appartement et se mit en devoir d’y monter.

— C’est bizarre, se disait-il en traversant la cour. Elle m’a donné son adresse hier et elle n’est ici que depuis ce matin. Je commence à croire qu’en débarquant à Paris, elle est descendue tout bonnement chez cet excellent M. Tergowitz. Ça prouve que ma comtesse n’est point