Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/148

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une vertu farouche, et j’aurais tort de m’en affliger.

Il n’était pas au bout de ses étonnements.

Sur le palier du premier étage, il croisa un monsieur qui descendait et qui, en l’apercevant, détourna la tête et fit semblant de se moucher, de sorte que Fresnay ne put pas voir son visage, mais sa tournure lui rappela celle du Hongrois que madame de Lugos avait rejoint la veille aux Ambassadeurs.

— Bon ! pensa-t-il, j’arrive à propos. Un quart d’heure plus tôt, j’aurais trouvé la place prise. Maintenant, elle est libre et je vais m’amuser à blaguer la comtesse sur les assiduités de son compatriote. Pourvu qu’elle veuille bien me recevoir ? Oui, à l’heure qu’il est, elle doit avoir fini sa toilette… et d’ailleurs, j’ai la fatuité de croire qu’elle s’attend à ma visite.

Il continua de grimper, et il arriva assez essoufflé au troisième, où il perdit un certain temps à chercher, par les longs corridors, le numéro qu’on venait de lui indiquer.

Il le trouva enfin, et il vit que la clé était sur la porte. Il n’avait qu’à la tourner pour entrer, mais il résista à la tentation de surprendre la comtesse, et il frappa discrètement.

Bientôt, il entendit un pas léger. On entrebâilla la porte et une femme se montra.

Deux exclamations de surprise partirent en même temps. La femme l’avait reconnu, et il la reconnut aussi.

C’était la somnambule du café Américain. C’était Olga.

Elle avait changé de toilette. Elle était habillée maintenant comme une soubrette de comédie, et cette nouvelle, tenue ne lui allait pas mal.

Au lieu de faire entrer immédiatement Fresnay, la fine