Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/162

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Camille ! mais c’est de la folie… une folie généreuse, j’en conviens…

— Oui, madame, et je n’en changerai jamais.

— Alors, mademoiselle, dit Julien, permettez-moi de vous rappeler que vous avez accepté mon concours.

— Je le sais, monsieur, et je ne m’en repens pas. Mais je dois agir de mon côté, et j’ai maintenant des raisons de croire que je découvrirai ce misérable. Je sais qu’il a renoncé au métier qu’il faisait et qu’il n’a pas quitté Paris.

— Il est donc impossible qu’il échappe aux recherches, si elles sont bien dirigées. On le reconnaîtra à la forme et à la dimension de ses mains, et je vais commencer par donner aux agents que j’emploierai ce signalement particulier. Je me joindrai à eux, s’il le faut, pour traquer ce misérable.

— Je vous remercie, monsieur, de vos bonnes intentions.

Camille pensait :

— Ce n’est pas vous qui retrouverez Zig-Zag. Et le seul homme qui soit capable de le retrouver ne vient pas.

Madame Gémozac ne voulait pas contredire son fils, mais elle trouvait qu’il s’engageait très à la légère et elle se réservait de lui parler raison lorsqu’elle serait seule avec lui.

La visite que cette mère prudente faisait en ce moment à mademoiselle Monistrol, n’était pas seulement une marque d’intérêt qu’elle voulait donner à l’orpheline ; cette visite avait un but. Madame Gémozac s’était fort bien aperçue que son fils était pris, et le matin même, elle l’avait confessé. Julien, qui ne lui cachait rien, n’avait fait aucune difficulté d’avouer que Camille lui inspirait un