Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/171

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ce coupe-gorge. Vous me le montrerez et nous aviserons.

— Merci. Je n’attendais pas moins de vous, et je suis prête à vous suivre.

— Le fiacre qui m’a amené ici nous transportera à la porte de Saint-Ouen. Une fois là, nous continuerons à pied, et c’est vous, mademoiselle, qui m’indiquerez le chemin.

— Le chemin ? répéta Camille. Oui, j’espère que je le reconnaîtrai… et cependant, hier, je ne suis pas passée par la porte de Saint-Ouen.

— N’importe, mademoiselle, dit Georges de Menestreau. Je me charge de vous conduire à l’endroit où je vous ai rencontrée. Quand nous y serons, vous me signalerez la maison. Elle ne doit pas être très loin de là.

— À quelques centaines de pas, tout au plus.

— Alors ce sera facile… et je suis heureux de constater que vous avez confiance en moi, puisque vous voulez bien m’accepter comme compagnon de voyage.

— Oh ! de grand cœur. Que pourrais-je craindre de vous, qui m’avez sauvée ?

— Rien, assurément. Et si vous pensez que personne n’y trouvera à redire…

— Qui donc pourrait me blâmer ? Depuis que j’ai perdu mon père, je suis seule au monde et nul n’a le droit de contrôler mes actions.

— Quoi ! vous n’avez pas même un tuteur ?

— Non. Si j’en avais un, ce serait M. Gémozac, le commanditaire et l’associé de mon pauvre père. Mais, à quoi bon le faire nommer ? Il est mon tuteur de fait, puisqu’il a entre les mains tout ce que je possède. C’est lui qui encaissera