Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/170

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qu’il devait remettre à son associé. Moi, j’étais ici, et je travaillais à l’aiguille. À la place où vous êtes, les rideaux étaient fermés, comme ils le sont encore. Tout à coup, entre les deux portières j’ai vu passer une main qui les écartait…

— Comme ceci, dit M. de Menestreau en se reculant un peu.

En même temps, il se dégantait et de sa main nue, il soulevait le rideau, une main blanche et fine, une main aristocratique avec des doigts effilés et des ongles taillés en amande, juste le contraire de ce pouce crochu terminé par une griffe, que Camille avait revu plus d’une fois dans ses rêves.

— Oui, murmura mademoiselle Monistrol, c’est là qu’elle était et c’est tout ce que l’assassin m’a montré de sa personne.

— Quoi ! vous ne connaissez pas son visage !

— Non… En se jetant sur mon père il a renversé la lampe… elle s’est éteinte, et…

— Alors, comment espérez-vous le retrouver ?

— Il a des mains de gorille, et il me suffira de les voir pour dire « C’est lui ! » sans me tromper.

— En effet, voilà une particularité qui pourra nous aider… si nous parvenons à le rencontrer.

— Vous en doutez donc ?

— Je crains que l’expédition de cette nuit ne l’ait décidé à décamper… si tant est que ce soit lui qui occupât la maison en ruines dont vous m’avez parlé.

— N’importe ! mes amis y sont restés. Je ne les y laisserai pas.

— Je viens vous chercher pour vous y conduire. J’y serais bien allé seul, mais je ne sais au juste où est situé