Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/173

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— Vous n’avez pas à regretter le temps perdu, car, de deux choses l’une : ou ce bandit les a enfermés dans la cave où ils sont tombés, m’avez-vous dit, et dans ce cas, nous les délivrerons, car ils doivent y être encore — on ne meurt pas de faim en dix-huit heures — ou ils sont morts, soit que Zig-Zag les ait assassinés, soit que la chute terrible qu’ils ont faite les ait tués. Et, je ne vous le cache pas, cette dernière hypothèse est probablement la vraie.

— Ils ont dû tout au moins se blesser en tombant.

— S’ils ne sont que blessés, nous pourrons les retirer de ce caveau et les ramener chez vous, sans mettre qui que ce soit dans la confidence de cette étrange aventure. Mais, s’ils sont morts sur le coup, laisserons-nous là leurs cadavres ?

— Non, certes. Ce serait odieux.

— Il faudra donc, alors, faire une déclaration au commissaire de police, lui raconter de point en point votre expédition nocturne, lui expliquer comment vous êtes entrée en relation avec ces gens-là, qui étaient des saltimbanques, camarades de l’assassin. Il se peut qu’on doute de la vérité de ce récit, et, si on y croit, la justice s’emparera de l’affaire. Vous serez mise de côté et vous ne pourrez plus poursuivre vos recherches.

— Il m’en coûterait d’y renoncer ; il m’en coûterait aussi d’être accusée de mensonge. Mais je souffrirai tout, plutôt que de laisser sans sépulture le corps de mes malheureux amis.

— Je vous approuve, mademoiselle, dit chaleureusement M. de Menestreau, et, quoi qu’il advienne, je serai là pour vous conseiller et pour vous soutenir.

Maintenant que nous sommes d’accord sur ce que nous devons faire, nous n’avons plus qu’à partir.