Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/174

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— Je suis à vous, monsieur, répondit Camille. Veuillez aller m’attendre dans la voiture, je vais vous y rejoindre.

Le chevalier de mademoiselle Monistrol s’inclina et sortit pendant que sa protégée montait au second étage pour se mettre en tenue d’expédition.

Quelques instants après, Brigitte, consternée, la vit passer devant la cuisine, et n’osa pas lui faire une objection sur ce départ improvisé, pas même lui demander où elle allait ainsi, escortée par un beau jeune homme.

Et Camille ne jugea point à propos de le lui dire. Elle monta sans hésiter à côté de M. de Menestreau et le cocher, qui avait reçu les ordres de son voyageur, fouetta ses chevaux immédiatement.

En prenant place, la jeune fille sentit sous ses pieds un paquet assez volumineux.

— J’ai pensé à tout, lui dit son nouvel ami. Je serai sans doute obligé d’explorer des lieux souterrains. Je me suis donc précautionné d’une corde et de quelques outils qui pourront nous servir, là-bas.

— Je vous remercie, monsieur, répondit Camille, et j’entends vous accompagner partout.

— Je ne m’y oppose pas, à condition pourtant que vous ne vous exposerez pas inutilement.

— Vous vous exposez bien, vous qui n’avez personne à venger.

— Je pourrais vous répondre que c’est pour l’amour de l’art. J’adore les aventures et le danger m’attire toujours. Mais j’aime mieux vous avouer que c’est surtout par sympathie pour vous, mademoiselle. Vous m’inspirez un sentiment particulier que je ne sais comment définir. Vous vous moqueriez de moi si je vous disais que l’amour m’est venu subitement quand je vous ai rencontrée dans la