Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/187

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prouve qu’ils ne recommenceront pas. Zig-Zag sait maintenant que vous avez juré de le poursuivre à outrance ; il a dû jurer, lui, qu’il se débarrasserait de vous. Et nous voyons de quoi il est capable. Il ne se tiendra pas pour battu. Il vous tendra d’autres pièges, et Dieu veuille que vous y échappiez. Il peut aussi vous attaquer la nuit dans cette maison où vous vivez seule et où vous avez eu l’imprudence de recevoir ses complices.

— Que faire donc ? murmura la jeune fille. Conseillez-moi, monsieur, vous qui m’avez sauvée.

— Je vous conseille de déménager, de louer un appartement dans un quartier plus habité et de prendre un domestique sûr. Je pourrais, si vous m’y autorisiez, me charger de vous trouver tout cela.

— Madame Gémozac m’a fait la même proposition… et j’ai refusé.

— Acceptez, mademoiselle, et ne vous brouillez pas avec une famille dont le chef a votre fortune entre ses mains. Quand vous serez logée convenablement, renoncez aux expéditions dangereuses, et fiez-vous en à moi pour découvrir l’assassin de votre père.

— Comment le reconnaîtrez-vous ?… Vous ne l’avez jamais vu.

— Et vous, mademoiselle, vous n’avez vu que ses mains et vous me les avez décrites. J’en sais donc autant que vous et j’ai sur vous un grand avantage, c’est que Zig-Zag ne me connaît pas. Voulez-vous me donner plein pouvoir d’agir à votre place ? Je vous promets que je réussirai.

Camille hésitait à répondre. Georges de Menestreau reprit :

— Donnez-vous le temps de réfléchir, mademoiselle.