Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/210

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avec la prétendue comtesse de Lugos. Mais maintenant il se présentait de face, et Fresnay n’était pas absolument sûr que les deux ne fissent qu’un.

Ce qu’il put constater d’une façon certaine, c’est que ce monsieur était un veinard. Il avait attaqué la banque de Gémozac avec un billet de cinq cents francs et poussé hardiment le paroli jusqu’au coup de trois, de sorte qu’il avait quatre mille francs devant lui.

— Je tiens le coup, dit Gémozac, que cette perte avait presque décavé, car il avait pris la banque à cent louis, et depuis qu’il taillait, il avait à peine doublé ce capital.

— Sacrebleu ! pensa Fresnay, il, va se faire enfiler dans les grands prix. Et ce sera mademoiselle Monistrol qui en sera cause, il joue pour se consoler des rigueurs de cette péronnelle. Mais j’y vais mettre ordre.

Le coup fut perdu par Julien, qui fit demander cinquante louis à la caisse du cercle, pour continuer sa banque, enlevée en cinq minutes.

— Il ne sait pas à qui il a affaire, le malheureux ! disait Alfred entre ses dents. Si cet individu est le Hongrois de Stépanette, il ne doit inspirer aucune confiance. Il ne triche pas en ce moment puisqu’il ne tient pas les cartes… mais ça viendra !

Il faut absolument que j’avertisse ce nigaud de Julien.

Et il manœuvra pour se rapprocher de son ami auquel il ne pouvait pas décemment faire des signes de loin.

La galerie s’était renforcée d’un certain nombre de gens attirés par les exclamations qui saluaient la veine du nouveau venu, et Fresnay eut quelque peine à se démêler de cet attroupement pour arriver jusqu’au banquier.

En route, il fut arrêté par Daubrac qui lui dit à demi-voix :