Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/217

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Tout indiquait qu’ils étaient enterrés vivants et destinés à mourir de faim.

Le père et le fils, après avoir échangé de tristes réflexions, s’étaient mis à essayer de parcourir le caveau où ils étaient tombés, par leur faute.

Sans lumière, ce n’était pas commode, mais en tâtonnant ils reconnurent que ce souterrain était une galerie étroite et si basse que Courapied, debout et le bras levé, pouvait toucher la voûte. Jusqu’où s’étendait cette galerie ? impossible de le savoir, et ils s’arrêtèrent avant d’en avoir trouvé la fin.

En revanche, ils constatèrent qu’elle n’était pas vide. Des deux côtés, il y avait des barriques rangées avec soin et des tas d’objets dont ils ne purent pas, au toucher, déterminer la nature, pendant cette première exploration.

Évidemment, ce n’était pas là qu’ils s’étaient jetés en se lançant trop vite dans le corridor, à la suite de Vigoureux. Un saut de six à sept pieds ne leur aurait pas fait perdre connaissance. On les y avait donc portés avant qu’ils fussent revenus à eux, et on les y avait enfermés ; murés peut-être, dans l’aimable intention de les y laisser périr lentement.

Zig-Zag et sa complice Amanda pouvaient seuls avoir imaginé ce supplice épouvantable et s’ils s’étaient dispensés d’achever leurs victimes, c’est qu’ils avaient, sans doute, la certitude absolue qu’elles ne pourraient pas s’échapper.

Courapied n’avait certes jamais entendu parler de l’histoire d’Ugolin, réduit à manger ses enfants, mais il comprenait l’horrible sort qui les attendait, lui et son fils, et il regrettait amèrement de s’être embarqué, pour servir