Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/224

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Assez attristés de cette découverte, ils revinrent sur leurs pas jusqu’à la bifurcation et ils s’engagèrent dans l’autre galerie. Celle-là était une impasse. Elle était barrée par un mur.

— Pas d’ouverture d’aucun côté ! murmura tristement Courapied découragé.

— À moins qu’au-dessus de nos têtes il n’y ait un puits, dit le bien avisé Georget.

Ils regardèrent en l’air et ils n’aperçurent pas le jour.

Alors, sans se demander s’il ne faisait pas nuit dehors, ils regagnèrent leur point de départ.

— Au moins, dit Georget en montrant les tonneaux et les jambons, nous ne mourrons ni de faim ni de soif. Mais il faut ménager notre lumière, et si tu me le permets, père, je vais l’éteindre.

— Éteindre notre lanterne ! s’écria Courapied. Es-tu fou, petit ? Et qu’est-ce que nous deviendrions sans lumière ?

— Je vais te dire, père, murmura timidement Georget, si nous la laissons brûler, nous n’en aurons pas pour trois heures, et après…

— Après, nous n’y verrons plus goutte, c’est sûr. Mais si tu l’éteins, avec quoi la rallumeras-tu, malheureux ?

— J’avais neuf allumettes dans ma poche. Il m’en reste huit. Ça fait que pendant huit jours, nous pouvons être éclairés un quart d’heure ou dix minutes chaque fois… le temps juste qu’il nous faudra pour manger.

— La belle avance ! autant mourir tout de suite.

— Pense donc, père, que d’ici à huit jours quelqu’un descendra sans doute dans le souterrain.