Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/227

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Georget, en fermant la lanterne. La terre a bu de l’eau-de-vie pendant que nous faisions notre toilette, et si une flammèche tombait dessus, l’incendie gagnerait et nous serions grillés. Maintenant, père, as-tu faim ?

— Non, pas encore.

— N’importe. Je vas toujours couper deux ou trois tranches de jambon. Heureusement, j’ai mon couteau dans ma poche.

Il le fit comme il le disait. La toile qui enveloppait un des gigots de porc servit de nappe et d’assiette. Il y étala les morceaux qu’il venait de détacher, et, en furetant, il découvrit un vieux bidon qu’il s’empressa de remplir à moitié.

— Le couvert est mis, dit-il. Nous déjeunerons quand tu voudras, père.

— Ça ne sera pas de si tôt. Le chagrin m’a coupé l’appétit. Et puis, quelle heure peut-il bien être ?

— Tu sais bien, père, que je n’ai pas de montre, ni toi non plus. Et les fraudeurs ont oublié de mettre une horloge dans leur cave.

Mais il ne devait pas être loin de minuit quand nous sommes tombés. Combien de temps sommes-nous restés sans connaissance ? Moi, je ne m’en doute pas.

— Ni moi non plus. Et combien de temps ai-je dormi après notre première expédition dans ce satané souterrain ? Tout ce que je sais, c’est que si tu ne m’avais pas réveillé, je ronflerais encore… et je sens que j’ai sommeil.

— Moi aussi, père, et rien ne nous empêche de contenter notre envie. Quand nous aurons passé une bonne nuit, il nous viendra peut-être des idées. Couchons-nous tranquillement.