Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/242

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Pendant ce colloque, d’autres curieux arrivèrent, et parmi eux, le patron de l’établissement intitulé : Le Tombeau des Lapins, le père Villard en personne, qui, à peine mis au courant de l’événement, s’écria :

— Il y a huit jours que ça se mijote, cette affaire-là. Toutes les nuits, on voyait de la lumière dans la maison rouge ; et ce n’était pas pour des prunes. Mais la v’là par terre. C’est bien fait ; ils ne recommenceront pas. Et dire que vous autres, gabelous, vous n’avez pas eu le nez de pincer l’entrepôt de ces chenapans-là, à cinq cents mètres de la barrière.

— Il est encore temps, grommela le douanier.

Et, secouant Georget qui pleurait à chaudes larmes :

— Allons, mauvais gueux, conduis-moi à l’entrée de la cave où tu as laissé ton père.

— Oh ! je veux bien, sanglota l’enfant.

C’était plus facile à dire qu’à faire. Le puits qui fumait toujours s’ouvrait tout près du tas de pierres où Camille et ses amis s’étaient arrêtés pour délibérer, avant de pénétrer dans la maison. Par conséquent, le souterrain s’étendait du côté de la route de la Révolte, et il ne s’étendait pas très loin, mais le pan de mur que l’explosion avait renversé obstruait précisément l’entrée du corridor où Courapied et son fils étaient tombés dans une trappe.

— C’était là, murmura Georget, en montrant du doigt cet amas de décombres.

— Bon ! tu fais le malin… tu ne veux rien dire… il faudra bien que tu parles, quand tu seras en prison.

— En prison !… moi ! Mais je n’ai rien fait de mal…

— On te lâchera quand tu auras dit où est le reste de la bande… Tu ne vas pas me soutenir que tu n’en étais pas.