Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/241

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Lorsque Georget reprit ses sens, il y avait déjà autour de lui cinq ou six individus qui ne paraissaient pas faire partie de ce qu’on appelle les classes dirigeantes : deux chiffonniers, deux rôdeurs de barrière et deux employés de l’octroi qui s’en allaient prendre leur service à la porte de Saint-Ouen.

Dans le lointain, le chien fuyait à toutes jambes et personne ne courait après lui.

Georget ne se préoccupait plus de savoir s’il avait eu affaire à Vigoureux. Son premier mot aux gens qui l’entouraient fut :

— Mon père ! sauvez mon père !

— Et où s’ qu’il est, ton père ? demanda un vieux chiffonnier.

— Là, dans le souterrain…

— Tiens ! ricana un des voyous ; il y a un souterrain ! C’est comme à l’Ambigu.

— Et qu’est-ce qu’il fait là-dedans, ton père ? reprirent en chœur les douaniers.

— Il y est tombé avec moi.

— À quoi donc que vous avez mis le feu ? interrogea le chiffonnier. T’es roussi comme un cochon de lait qu’on vient de flamber.

— À des barriques d’eau-de-vie. Mais laissez-moi aller à son secours, je vous en prie.

— Tiens ! tiens ! murmura un des employés qui portait les galons de brigadier. Des spiritueux !… faudra voir…

Et il parla tout bas à son camarade qui s’achemina au pas accéléré vers la caserne de gendarmerie qu’on a construite sur le boulevard Bessières, tout près du poste de l’octroi.