Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/245

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Chacun sait que les obstacles ne font que surexciter les amoureux. Or, Julien Gémozac était amoureux fou. Plus Camille Monistrol lui marquait de froideur, plus il l’adorait. Et il en était venu à l’adorer bêtement. Ce charmant garçon, qui avait eu de nombreux succès dans tous les mondes et qui aurait dû connaître les femmes, s’obstinait à persécuter de ses assiduités une jeune fille qui ne lui témoignait que de l’indifférence et qui avait fini par refuser nettement de l’admettre chez elle.

Il savait qu’elle recevait un M. de Menestreau, et il n’avait pas l’énergie de lui demander l’adresse de ce monsieur, d’aller le trouver et de lui chercher querelle, lui qui avait déjà eu trois duels et qui ne craignait personne au monde.

Camille l’avait ensorcelé, sans le vouloir, et justement parce qu’elle ne tenait pas du tout à le séduire.

Et rien n’y faisait, ni les conseils de son ami Fresnay,