Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/256

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— Et… qu’est-il devenu ? demanda vivement mademoiselle Monistrol.

— Le journal ne le dit pas. On l’aura sans doute porté à l’hôpital. Mais cette histoire n’a aucun rapport avec la vôtre et je me demande pourquoi je vous la raconte. Si par hasard elle vous intéressait, il ne tient qu’à vous d’être plus complètement informée. Elle va faire le tour de la presse, et demain les détails abonderont. Mais il faut que je vous quitte. Les affaires me réclament. Je me suis échappé de mon cabinet pour causer avec vous de vos intérêts. Nous sommes maintenant d’accord sur tous les points. Je vais m’occuper de vous et j’espère vous revoir bientôt. En attendant, je vous laisse avec votre fiancé.

Monsieur, j’ai bien l’honneur de vous saluer.

Georges de Menestreau s’inclina froidement et le père Gémozac sortit sans serrer la main de Camille Monistrol, qui ne s’émut pas trop de ce changement de manières.

— C’est la fin d’une situation fausse, murmura-t-elle. Je lui ai dit la vérité sur mes sentiments et je ne me repens pas de l’avoir dite. Mais vous, mon ami, que pensez-vous de l’étrange récit que nous venons d’entendre ?

— Je n’y crois pas, répondit M. de Menestreau. C’est une invention de journaliste aux abois. Et alors même que le fond serait vrai, le fait ne se rattache pas à votre expédition avec les amis de Zig-Zag. Ces gens-là ne s’amusent pas à faire de la contrebande et ils sont en ce moment bien loin de la maison rouge.

Mais j’ai une plus triste nouvelle à vous apprendre… triste pour moi… je pars ce soir.

— Vous partez !

— Oui, mademoiselle. Je suis appelé en Angleterre par un ami qui a besoin de moi pour terminer une affaire grave…