Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/255

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


— C’est fort heureux et le hasard qui a amené là tout à point M. de Menestreau est véritablement providentiel. Quel roman on ferait avec votre aventure !

— Elle n’est que trop réelle, murmura Camille.

— Je n’en doute pas, mais il y manque un dénouement. Vous n’êtes donc pas revenue, en plein jour, visiter ce repaire de brigands…, cette maison machinée comme un théâtre de féerie ?

— Je n’y ai pas manqué, monsieur. J’y ai conduit M. de Menestreau. Il a bien voulu descendre dans la cave où sont tombés les malheureux qui m’avaient servi de guides… leurs corps n’y étaient pas…

— Donc, ils ne sont pas morts. À votre place, mademoiselle, j’aurais prié M. de Menestreau de signaler au préfet de police la maison où il se passe de si étranges choses. Comment donc est-elle faite, cette tour de Nesle ?

— Elle est en briques… en briques rouges… et tous les gens de cette banlieue la connaissent…

— En briques rouges !… c’est singulier… je ne lis pas souvent les faits divers, et cependant, ce matin, j’en ai remarqué un dans mon journal… Hier, dans la plaine Saint-Denis, tout près de la route de la Révolte, une maison en ruines, qu’on appelle dans ces parages la maison rouge, s’est écroulée en partie, à la suite d’une terrible explosion. Il paraît que les caves servaient d’entrepôt à des fraudeurs… elles étaient pleines de barriques d’eau-de-vie qui ont pris feu on ne sait comment, et tout a sauté en l’air.

— Ah ! mon Dieu ! est-ce que ?…

— Il y a eu des victimes, affirme le journal. Un homme grillé dans la cave… et un enfant qui en est sorti en très mauvais état…