Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/266

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


l’ajusta à loisir en plein corps, et d’un troisième coup, lui cassa les reins.

La balle brisa la colonne vertébrale à la hauteur des hanches.

Vigoureux s’affaissa sans crier, et, en s’aidant de ses pattes de devant, il se mit à ramper sur le ventre, en regardant toujours Georges de Menestreau.

On eût dit qu’il lui demandait grâce et qu’il lui reprochait de le traiter si cruellement.

Il ne réussit pas à l’attendrir. Un dernier coup le frappa entre les deux épaules et le renversa sur le dos. L’œil qui lui restait se rouvrit encore une fois, se fixa sur l’exécuteur impitoyable et se referma pour toujours.

— Enfin, il est mort ! dit entre ses dents M. de Menestreau. Il ne fera plus de mal à personne… mais il avait la vie dure… j’ai cru un instant que je n’en viendrais pas à bout.

Vous avez dû avoir bien peur ?

— Pour vous, oui… et j’avoue que l’agonie de cette malheureuse bête m’a profondément émue.

— Je comprendrais cela s’il s’agissait d’un chien quelconque, mais si vous êtes sûre que celui-là appartenait à Zig-Zag…

— Absolument sûre. Interrogez Brigitte et elle vous dira…

— Que c’est bien lui, acheva la vieille servante, qui reparut tout à coup sur le champ de bataille. Il n’y en a pas deux pareils.

— Alors, reprit M. de Menestreau, il ne nous reste plus qu’a nous débarrasser de sa carcasse. Apportez-moi une bêche. Je vais l’enfouir dans une de ces plates-bandes.

— Ah ! mais, non, par exemple ! Vous voulez donc