Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/268

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deux jours… Je suis comme les vieux arbres qui sèchent sur pied quand on les transplante, et puis, l’Angleterre, voyez-vous, mademoiselle, c’est trop loin de Montreuil-les-Pêches…

Sans compter, reprit-elle d’un air grognon, que si vous y allez pour vous marier avec ce beau brun, vous ferez une fameuse bêtise…, je sais bien que ça ne me regarde pas, mais tant pis ! c’est lâché !… J’avais ça sur le cœur, il fallait que ça sorte…, et je voudrais que votre pauvre père fût là pour m’entendre…, c’est pas lui qui vous conseillerait de suivre un monsieur que vous ne connaissez ni d’Ève ni d’Adam…

— Tu oublies qu’il m’a sauvé la vie, interrompit Camille.

— Allons donc !… il devait être d’accord avec les voyous qui vous ont tombé dessus. Cet homme-là n’en veut qu’à votre argent… Parlez-moi de l’autre, le blond…, on sait qui il est, celui-là, et il vous aime pour vous-même.

— Assez, dit impérieusement Camille, d’autant plus irritée des observations de Brigitte qu’elle en reconnaissait jusqu’à un certain point la justesse.