Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/289

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— Zig-Zag ! Tu as dit Zig-Zag ! s’écria Fresnay en se levant si brusquement qu’il renversa la corbeille de fraises.

— Ah ! mon Dieu, qu’est-ce qu’il vous prend ? dit Olga en se levant aussi, tout effarée.

— Ce Zig-Zag et cette Amanda travaillaient ensemble, il y a trois semaines, à la foire au pain d’épices, sur la place du Trône ? demanda vivement Fresnay.

— C’est bien possible… c’est même très probable, car leur patron n’en manquait pas une… mais je ne pourrais pas l’affirmer, vu que je n’y étais pas.

— Où étais-tu donc ?

— En province… à Beauvais, où je ne faisais pas un sou…, à preuve que les huissiers ont saisi ma carriole et mon cheval… il me restait tout juste de quoi me payer les troisièmes en chemin de fer… Alors, j’ai rappliqué sur Paris… J’espérais y trouver à gagner ma vie et j’avais eu bon nez, car je n’y étais pas depuis une heure que je rencontrais Zig-Zag dans la rue… Zig-Zag requinqué, mis comme un prince… Je l’ai abordé, je lui ai demandé s’il pouvait faire quelque chose pour une ancienne camarade tombée dans le malheur… Alors, il m’a proposé d’entrer au service d’Amanda.

— Et tu ne lui as pas demandé où il avait fait fortune ?

— Vous pensez bien que si. Il m’a répondu qu’il venait d’hériter d’un oncle ; ça ne m’a pas trop étonnée, parce que j’ai toujours entendu dire que sa famille était riche et qu’il l’avait lâchée pour vagabonder.

Il m’a dit aussi qu’il en avait assez du métier, qu’il allait se lancer dans la haute et Amanda parmi les grandes cocottes.