Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/290

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Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il a de l’argent et qu’il a dû en donner à madame, car avant de vous connaître, elle était déjà très bien nippée.

— Je sais où ils l’ont pris, dit Fresnay entre ses dents. Maintenant, l’adresse de ce coquin ?

— Je vous jure que je ne la connais pas. Je vous le jure sur les cendres de ma mère !

— Où se rencontraient-ils, Amanda et lui ?

— Ici, je vous l’ai déjà dit. Quand madame sortait, c’était, je pense, pour le voir. Mais elle ne me racontait pas toutes ses affaires… et je n’ai jamais su où elle allait. Vous, comprenez que je ne me serais pas permis de la suivre.

— Mais, maintenant, tu la suivrais, si je te payais pour cela ?

Olga fit la moue. Elle espérait autre chose et elle ne s’expliquait pas comment un entretien si bien commencé tournait ainsi.

— Je ne suis pas moucharde, dit-elle. J’ai parlé sur madame parce que je croyais que ça vous était égal de savoir qu’elle avait un amant, mais du moment que vous le prenez comme ça, je n’en suis plus. Et puis, pourquoi faire la suivre ?… Vous croyez donc tout de bon que Zig-Zag a volé ou assassiné ?

Fresnay eut sur les lèvres une réponse catégorique. Mais il se ravisa. Évidemment, cette fille ne connaissait que les antécédents des deux complices. Elle n’avait jamais entendu parler du crime du boulevard Voltaire, et certes sa maîtresse ne lui avait pas fait de confidences.

Mieux valait garder pour lui ce qu’il savait, car Olga, mieux informée, aurait pu prendre le parti de sa maîtresse et l’avertir du danger. Ces deux créatures ne valaient pas beaucoup mieux l’une que l’autre ; les femmes de cette