Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/296

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— N’était-ce pas convenu entre nous ? répliqua le malin Alfred. Lorsque nous nous sommes liés, je vous ai fait ma profession de foi et nous sommes tombés d’accord que le meilleur moyen de vivre en paix c’était de ne pas nous gêner réciproquement… et même de nous entraider. Je n’ai qu’à me louer d’avoir fait votre connaissance, car j’ai passé avec vous des instants délicieux. Vous en avez assez de notre liaison et vous désirez reprendre votre liberté. Qu’à cela ne tienne ! nous resterons bons amis, et je vous prie de disposer de moi, si je puis vous être utile.

— Parlez-vous sérieusement ?

— Mettez-moi à l’épreuve, et vous n’en douterez plus.

— Alors, voici ce que je vous demande : d’abord, de ne jamais revoir cette coquine d’Olga. Je pense qu’elle a déjà fait ses paquets et, si elle n’a pas encore décampé, je vais la jeter dehors.

— Vous ferez bien.

— Ensuite, vous me laisserez tout ce que vous m’avez donné.

— Cela va de soi. Vous emporterez votre argent, vos bijoux… et même les meubles, si vous y tenez.

— Allons ! je vois que vous êtes vraiment un galant homme… et je puis me risquer à vous prier de me rendre un dernier service.

— Accordé… quel qu’il soit !

— Oh ! je n’abuserai pas de votre condescendance. Il s’agit tout simplement de m’accompagner…

— Où ?… en Hongrie ?

— Beaucoup moins loin. Je veux que vous assistiez… sans sortir de Paris… à une exécution.