Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/299

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ruines, et que là, ils étaient tombés par une trappe ouverte, dans une cave très profonde, d’où ils n’avaient pas pu sortir ; qu’ils étaient restés au moins huit jours et huit nuits dans ce souterrain, parmi des tas de jambons et des barriques d’eau-de-vie auxquelles son père avait mis le feu par imprudence.

Et après avoir entendu ce récit qui paraissait assez plausible, le commissaire s’était transporté avec Georget sur le théâtre de l’événement.

Les gens de l’octroi y étaient déjà ; ils avaient amené des ouvriers pour fouiller le terrain, et ce fut vite fait, non pas de déblayer entièrement le caveau, mais de découvrir les restes carbonisés du malheureux Courapied, qui n’avait plus figure humaine.

L’explosion avait renversé le mur qui séparait les deux caves et rejeté le cadavre à l’entrée du souterrain où les fraudeurs emmagasinaient leurs alcools. Comme ce mur était tombé d’un seul bloc, sans s’émietter, on put constater qu’au milieu, les pierres très habilement jointées tournaient sur elles-mêmes, sous une pression exercée à un certain endroit.

Ni le fils ni le père n’avaient trouvé ce secret qui équivalait au : Sésame, ouvre-toi ! de la caverne d’Ali Baba, dans les Mille et une Nuits, et quand on le montra au pauvre Georget, il ne put pas s’empêcher de pleurer en pensant que, s’ils avaient mieux cherché, ils auraient pu s’échapper de leur prison.

L’histoire qu’il racontait n’était pas tout à fait conforme aux premières déclarations qu’il avait faites aux douaniers, immédiatement après la catastrophe, mais le commissaire n’attacha pas grande importance à ces variations de langage, et ne songea pas un seul instant à