Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/325

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— Georget ! s’écria mademoiselle Monistrol, je veux le voir.

— Vous ne le verrez que trop tôt. Les sergents de ville vont venir vous interroger. Je me charge de leur répondre.

En attendant qu’ils montent, laissez-moi vous unir… je suis un piètre marieur, mais, dans des cas comme celui-ci, on prend ce qu’on trouve. Écoutez-moi donc !

Toi, Julien, tu es passionnément amoureux de mademoiselle Monistrol et tu ne demandes qu’à l’épouser. Ce n’est pas ta faute si tu n’as pas mis la main sur Zig-Zag, et c’est bien par hasard que j’ai gagné le prix proposé par mademoiselle. Aussi ne lui ferai-je pas l’injure de le réclamer. Les mauvais sujets comme moi sont de détestables maris et je te cède la place de très bon cœur.

Vous, mademoiselle, vous vous êtes trompée… ça arrive, ces choses-là… mais vous êtes née pour faire le bonheur de mon ami, qui fera le vôtre.

Votre main, je vous prie.

Camille, profondément émue, la tendit à Fresnay qui la mit dans la main de Julien.

— Voilà qui est fait, dit-il avec une gravité comique, vous êtes fiancés. À quand la noce ? Je m’invite.

Maintenant, laissez-moi recevoir les agents. J’entends leurs pas dans l’escalier…


L’affaire a fait du bruit, mais elle a été tirée au clair, et elle n’a pas troublé le bonheur des jeunes époux.

Ils voyagent en Italie et leur lune de miel est sans nuages. Camille ne pleure plus qu’en pensant à son père.

Fresnay a repris son train de vie habituel et ne réussit