Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/65

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


— Le diable, c’est qu’il n’y a pas moyen d’ouvrir la boîte ni même de la prendre. Vigoureux ne peut pas ouvrir la gueule et si je le démuselais, il nous mangerait tous. Je serai forcé de l’emmener comme il est. Seulement je me demande où je le remiserai jusqu’à la nuit.

— Chez moi, dit Camille.

— Comment, mademoiselle, vous voulez que j’entre chez vous, fait comme me voilà ?

— J’habite seule avec ma vieille nourrice, et à deux pas d’ici. Vous allez m’accompagner chez moi. Vous attacherez ce chien dans la cuisine, vous me laisserez votre fils et vous irez acheter des vêtements pour vous et pour lui. Quand vous les aurez, vous viendrez me retrouver, vous changerez de costume tous les deux, vous dînerez avec moi et demain vous chercherez un logement convenable.

— Ça tient donc toujours, ce que vous m’avez offert ? demanda timidement Courapied.

— Plus que jamais. Venez, nous n’avons pas de temps à perdre.

— Pourvu que nous ne soyons pas obligés de traîner Vigoureux… tenez ! il tire tant qu’il peut du côté du boulevard Voltaire…

— C’est justement là que nous allons.

— Va bien, alors. En route, Georget ! Tu ne jeûneras plus, mon garçon. Remercie la dame et sers-la bien, car si elle n’était pas venue nous tendre la main, nous n’avions plus qu’à nous jeter à l’eau.

— J’aime mieux me jeter dans le feu pour elle, dit le petit, qui avait les larmes aux yeux.